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5 défis de traduction du français québécois

Le français québécois est unique et peut poser quelques problèmes aux traducteurs anglophones qui ne sont pas habitués à ses particularités. Pour bien traduire le contenu provenant de la Belle Province, il faut connaître le contexte historique et politique à l’origine de la société québécoise d’aujourd’hui. Nous vous proposons ici quelques exemples de cas qui soulignent la complexité de notre langue, afin de vous faire découvrir (et redécouvrir) les beaux défis qu’elle nous propose.

Défi numéro 1 : Notre langue « nationale »

Le Québec est une île francophone entourée d’un océan de régions anglophones : d’un côté, l’Ontario et le reste du Canada, et de l’autre, les États-Unis. Pour résumer quelques centaines d’années en un clin d’œil, nous nous sommes battus avec vigueur pour préserver notre langue et notre culture, d’abord contre le règne anglais, puis contre l’influence du Canada anglais et des États-Unis. Les Québécois se considèrent depuis longtemps comme une société à part, et nous sommes nombreux à nous identifier d’abord comme des Québécois, puis comme des Canadiens. Certains, même, ne se considèrent pas du tout comme des Canadiens. Ce sentiment nationaliste se manifeste d’ailleurs dans certains noms officiels. Par exemple, l’Assemblée nationale régit la province et non le pays, et la Capitale nationale désigne la ville de Québec, capitale provinciale, bien avant celle d’Ottawa, capitale canadienne.

De la même façon, certaines organisations et entreprises du Québec auront tendance à parler de leur portée « nationale » et à dire qu’elles sont présentes partout au pays… en parlant du Québec, et non du Canada! Ainsi, pour faire de la traduction du français québécois, il faut s’assurer que des mots comme « national » et « pays » concernent réellement l’ensemble du Canada et non seulement le Québec, au risque de faire faux pas!

Défi numéro 2 : D’ici et de chez nous

Au Québec, on évite de mentionner les mots « Canada » ou « canadien » en publicité. En effet, ils peuvent avoir une connotation neutre, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas d’influence sur le consommateur, voire une connotation négative. Les experts en marketing estiment que ces termes n’ont pas d’effet positif sur les ventes d’une entreprise au Québec et qu’il vaut mieux les contourner, par exemple en disant qu’un produit ou un service est « d’ici » ou « de chez nous ». Dans un tel cas, le traducteur vers l’anglais devra choisir la traduction appropriée en fonction du public cible et du contexte.

Prenons l’exemple d’une publicité de chocolats faits au Québec. Si les Québécois sont le public cible de cette publicité, on pourra dire que les chocolats sont locaux, d’ici ou de chez nous. Cependant, si l’on s’adresse à un public du Canada anglais ou des États-Unis, on dira qu’il s’agit de chocolats canadiens. Préciser l’origine québécoise d’un produit n’a pas d’influence positive sur un marché qui ne ressent pas d’attachement particulier envers le Québec, et les traducteurs doivent donc adapter leurs choix terminologiques à chaque situation.

Défi numéro 3 : Le nom des entités gouvernementales

Au Québec, le français est la langue officielle des organismes gouvernementaux. Ainsi, bon nombre d’entre eux n’ont pas de nom en anglais, et les traducteurs doivent encore une fois se baser sur le contexte et le public cible pour choisir leur approche. Si la traduction est destinée à un organisme gouvernemental, il vaut mieux laisser le nom en français, quitte à proposer entre parenthèses une traduction approximative ou un acronyme, ce qui facilite la tâche du lecteur anglophone. Au contraire, on aura plutôt tendance à traduire le nom d’un organisme si le fait de le laisser en français nuit à la compréhension du public cible. Par exemple, si l’on s’adresse à un groupe hors du Québec ou du Canada, on peut choisir d’employer un terme générique en anglais plutôt que le nom officiel de l’organisme (le ministère de la Santé deviendra le Health Ministry, par exemple).

Défi numéro 4 : Les régionalismes

Il existe parfois des différences importantes entre le français québécois et le français de France, comme c’est le cas entre l’anglais américain et celui d’Angleterre. Bon nombre de ces différences découlent de l’isolement linguistique des francophones en Nouvelle-France après que la colonie ait été cédée aux Anglais, en 1763. Les écarts qu’on relève entre ces deux variantes peuvent entraîner des petits pépins pour les traducteurs, mais aussi de très gros problèmes forts embarrassants. Voyons quelques exemples.

Dans la catégorie des petits pépins, pensons aux mots « déjeuner » et « dîner ». En France, ils désignent respectivement le deuxième et le dernier repas de la journée. Au Québec, c’est plutôt le premier et le deuxième repas. Bien que cela puisse entraîner une certaine confusion, il existe des similitudes bien plus terribles : si « gosse » désigne un enfant en France… ici, c’est plutôt un testicule! De même pour le mot « suçon », une friandise sucrée au Québec qui, en France, désigne plutôt une marque de baiser sur la peau.

C’est sans oublier qu’on utilise parfois des mots différents pour désigner le même concept! En France, ce que l’on nomme le « citron vert » est le même agrume que la « lime » du Québec. Idem, on parlera d’une « petite-amie » en France, mais d’une « blonde » au Québec (peu importe la couleur de sa chevelure!). Dernier exemple parmi tant d’autres, les Français diront qu’ils conduisent leur « bagnole », tandis que les Québécois sont au volant de leur « char ». Ainsi, lorsqu’ils font de la traduction du français québécois, les traducteurs anglophones doivent être bien à l’affût!

Défi numéro 5 : Les anglicismes

Le dernier défi de traduction vers le français québécois, mais non le moindre, c’est les anglicismes. On les utilise des deux côtés de l’Atlantique, mais pas les mêmes, et avec une attitude différente. En France, on utilise de nombreux anglicismes sans hésiter : le « email » devient un « mail », et le magasinage, c’est du « shopping ». Les mots anglais ont même un certain prestige, ce qui mène parfois à la création de faux anglicismes. C’est d’ailleurs pourquoi on retrouve des mots comme le « footing » pour désigner ce que l’on nomme en anglais le « jogging ». Au Québec, on utilise d’autres anglicismes au quotidien, notamment dans notre syntaxe (le fameux « faire du sens » provient de l’anglais « to make sense », bien que la forme correcte soit plutôt « avoir du sens »). Cependant, la position officielle de l’Office québécois de la langue française est de créer de nouveaux mots en français pour éviter l’emploi d’anglicismes dans notre vocabulaire. Ici, un anglicisme est donc un manque à combler, et il faut le corriger. Ainsi, le fameux « email » devient un « courriel », et un « tweet » est un « gazouillis ».

En résumé

En traduction du français québécois, on doit s’assurer de bien comprendre le contexte et le vocabulaire du texte qu’on traduit, mais aussi connaître le public cible de la publication afin de rendre le message correctement, en tenant compte des particularités du Québec. Vous voulez être certain que votre traduction vers l’anglais est exacte? Soumettez-nous votre projet.

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